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« En 1979, un voyage à Londres va changer ma vie, j’ai seize ans et je prends le mouvement Punk en pleine figure »

Sasham nous livre ses coups de coeurs musicaux et nous raconte son parcours en lien avec la musique. Il répond à nos questions avec une transparence sincère et nous découvrons un vendeur passionné.

Parle nous de toi ? Quel est ton rôle dans ta boutique ?
Je fais tout, je suis auto-entrepreneur, je fais la mise en vente, je scanne toutes mes pochettes, pour chaque disque que je vends il y a 3 photos, quelque-soit le prix du moins au plus cher. Je gère l’expédition, je fais tout, ça fait des grosses journées !

Depuis quand es tu vendeur ?
Je suis vendeur pro depuis 2011, sur d’autres plateforme. Je ne suis sur CD&LP que depuis avril 2017. Je ne possède pas de boutique en dur, mais je vends sur à peu près tous les salons du disque de la région (j’habite à Lyon), et parfois dans les brocantes ou salon vintage.
J’organise aussi de temps en temps des micro bourses aux disques d’une après-midi dans des bars. Ça fonctionne pas trop mal.

Quel est ton parcours et ton approche de la musique ?
J’ai 54 ans, autant que je me souvienne, j’ai toujours aimé si ce n’est la musique, au moins les disques. Je passais des heures enfants à jouer avec le pick-up de mes parents qui avait un chargeur ou on empilait les 45 tours, ça me fascinait. C’est peut-être de là que me vient ma passion pour les 45 tours que je collectionne beaucoup plus que les albums.
Puis en 1979, un voyage à Londres va changer ma vie, j’ai seize ans et je prends le mouvement Punk en pleine figure. à mon retour je ne serais plus jamais le même.
J’habite alors en région parisienne, et je découvre les disquaire parisiens petit à petit, notamment la légendaire boutique New Rose. J’écoute alors exclusivement du punk et de la New Wave. Ramones, Clash, Sex Pistols, Starshooter, Metal Urbain, etc… Je vais voir pleins de concerts dans la années 80. Je découvre les groupes punks parisiens La Souris Déglinguée, Oberkampf, Je vie vraiment la musique à 100% à travers le punk, c’est ma vie…
Je fréquente de plus en plus les concerts avec tous groupes de l’époque, Bérurier Noir à leur tous débuts, Les Wampas, les Witches Valley, Soucoupes Violentes, toutes la scène parisienne garage et rock de cette époque. Certains sont devenus des amis.
Et dès que j’ai de l’argent ça passe dans les disques ou les concerts. Et si je revends déjà des disques à l’époque, c’est plus au rabais pour me’n racheter d’autres.
Dans les années 90, ma passion pour la musique se focalise de plus en plus sur les disques. Après être resté bloqué longtemps sur la musique de ma génération, le punk et ses dérivées (Psycho, New Wave et j’en passe), je découvre d’autres genre, notamment la musique des années 50 et 60, le rock&roll, garage, la soul etc…
Et là, je deviens de plus en plus collectionneur et je pars en chasse aux disques dès que je le peux. Je fais toutes les conventions parisiennes, je commence à dépenser beaucoup d’argent pour les disques et je mets à faire aussi des bourses en amateur et je commence donc à vendre des disques chers et à acheter des disques dans l’optique de la revente, mais toujours en amateur.
Petit à petit, le genre que je collectionne le plus, c’est le son 60s français. Derrière les incontournables Jacques Dutronc, Nino Ferrer, Johnny, Ronnie Bird, France Gall ou Françoise hardy, je recherche des chanteurs et chanteuses obscures ou oubliées à l’époque. Pussy Cat, Jacqueline Taïeb, Stella, Clothilde, Cléo, le Bain Dinocn, Les Boots, Jean-Bernard de Libreville, Claude Channes, j’en oublie des tonnes. Décidant de faire un peu profiter les autres de ma collection, je sors avec l’aide de quelques amis trois compilations avec des disques de ma collection (Swinging mademoiselle), des disques consacrés aux chanteuses 60s françaises (comme citées précédemment). Et je participe à d’autres dans le même genre, le label FGL fait appel à moi pour sa série de CD « Femmes de Paris » et « Gentlemen de Paris ». J’ai aussi fais un volume de la compilation « Girls In the Garage » sorti par un Américain.
Encore aujourd’hui, je sors encore quelques disques de temps en temps, jai créé un label « Sasham Disques » en collaboration avec « Dangerhouse Skylab », qui est le label de la boutique lyonnaise Dangerhouse dans laquelle je travaille aussi de temps en temps.
Je n’ai aucune ambition professionnelle, pour mon label, c’est très amateur, je sors des trucs quand j’ai le temps, il n’y a rien de planifié, ça prend trop de temps, on ne peut pas tout faire.
Sinon même si la vente de disque est une occupation professionnelle dont j’ai besoin pour vivre. Ça reste une passion, je suis DJ une ou deux fois par mois sur Lyon et depuis peu je fais aussi une émission de radio.

Raconte nous une anecdote de vendeurs !
J’en ai plusieurs, mais en voici une assez cocasse. J’ai été contacté une fois, par la fille d’une chanteuse (obscure) des années 60 (Laurence St Alban qui n’a sorti qu’un 45 tours en 1968, très recherché et assez cher).
Je n’avais pas ce disque à vendre, mais je le possédais dans ma collection. Et la fille insistait vraiment pour me l’acheter et pour pouvoir l’offrir à sa chanteuse de mère qui depuis le temps ne le possédait plus.
Bien que touché par cette histoire, j’ai refusé de le vendre, je ne pouvais me résoudre à vendre ce 45 tours que j’adore à n’importe quel prix, même à la propre chanteuse du disque en question. Nous avons coupé la poire en deux et je enregistré le 45 tours sur un CD que j’ai offert à la fille de la chanteuse.

Quel est le genre musical principal de ta boutique ?
Le genre principal est la musique française des années 60, yé-yé, rock, etc… Quasiment que des originaux, des disques rares mais aussi pas mal de classiques à très petits prix (et tous en photos !). Je vends aussi pas mal de garage rock, surtout du neuf pour ce style.

Et toi que préfères tu ?
Aujourd’hui j’écoute de tout. Beaucoup de BO, de Jazz et même de la musique classique. Mais mon coeur de cible reste les années 60 françaises, la garage 60s. Et aussi toujours un peu le punk rock, la musique de mes 20 ans.

Depuis quand es tu vendeur sur CDandLP ?
Avril 2017

Comment nous as tu connu ?
Je connais votre site depuis le début, mais c’est vous qui êtes venu me chercher sur un salon du disque à Lyon. Votre gentillesse et votre disponibilité m’ont convaincu de vous rejoindre. Je dis ça très sincèrement, vraiment.

Selon toi, quel est le plus de notre plateforme ?
Le site est assez clair, la présentation est simple et efficace. Le lien automatique youtube est un vrai plus (même si parfois ça ne marche pas et ça renvoie à n’importe quoi d’autre…). Et bien sûr votre disponibilité, je vous ai rencontré plusieurs fois, ça humanise votre site.

Quel est ton premier vinyle ?
Je ne me rappelle plus vraiment, alors enfant, un disque offert par mes parents au super marché dans les années 70. Abba, Boney M, les Rubettes ou Michel Sardou ? C’est les disques dont je me rappelle.
Par contre je me rappelle très bien, la première fois ou je suis rentré chez un disquaire, seul, pour acheter un disque avec mon propre argent de poche, c’était le 1er album de Starshooter, en 1978 à Pontoise, en lointaine banlieue parisienne. Il y avait alors des disquaires dans toutes les villes françaises.

Quel disque de ton stock est selon toi le plus insolite ?
Insolite je ne sais pas, mais la plus belle pièce (selon mes goûts, ce n’est pas le plus cher de mon catalogue) c’est le EP de Pierre, Paul ou Jacques, une obscurité française 60s bien débile et loufoque comme je les adore.

Quels sont tes 3 titres coup de coeur de ton catalogue ?

La Chica Yé-yé, parce que c’est sur mon label, même si la musique n’est peut-être pas très originale, j’ai pris beaucoup de plaisir à sortir ce disque, que le groupe est enthousiaste et très sympa ce qui ne gâche rien

Les chemin de Katmandou, une BO de Gainsbourg enregistré en 1970 et exhumé pour la première fois. Splendide

Patrick Loubie, encore un chanteur français inconnu et oublié des 60s. Désabusé et pince sans rire comme je les aime


Le disque dont tu es fier ? Le plus précieux pour toi ?
Hyper dur de répondre à ça. Mais je vais dire les Homards Violets (le sadique). Un EP ultra rare sorti en 1967 sur un label local Lyonnais (JBP), j’ai mis 25 ans à l’avoir te je l’ai payé une fortune. Mais c’est typiquement le genre de truc que j’adore, du garage psychédélique français, mal foutu mais tellement unique.

Peux tu nous dire quel titre tu adores sans oser l’avouer ? Ta guilty song?
J’assume tout, à mon âge on a plus rien à cacher. Mais bon, on va dire que j’ai une tendresse pour le 45 tours des Rubettes (Juke box jive) que j’écoutais en boucle sur l’électrophone de mes parents quand j’avais 10 ans. C’est objectivement pas terrible (et pas rare, il doit y en avoir trois tonnes à vendre sur CD&LP), mais en fait je l’écoute toujours et ça m’arrive même d’oser le passer quand je fais des mixes à Lyon.





 
 
 
 
 
"FORTY YEARS AFTER" ou "Les débuts de la musique-morte (ou musique-dure) au service des pauvres (sur un plan financier)". https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9moire_morte Excellent. Beaucoup de vieux souvenirs m'ont traversé à la lecture de cette interview. Bah, moi, c'était le théâtre, mon truc, à l'époque... Mais j'avais de bons potes qui me faisaient écouter des choses bizarres que j'aimais bien. Salut à toi, Sasham.!!
belle experience de partage .bravo a vous . c est pas facile de se devoiler .et vous le faites sans tabou .bravo pour votre com .bonne continuation clt
Merci à vous pour ces commentaires sympathiques :)
Heureux de te connaître un peu mieux, Sasham! ITW très agréable à lire, anecdotes sympathiques, malgré l'absence de références à la musique jamaïcaine et celles aux crêtus plus qu'aux rasés! ;)
Merci Sasham pour cette belle interview.
J’ai adoré. Merci pour tous vos souvenirs ! Suis même allé ouvrir quelques vieux cartons pour en ressortir des bizarries... pas forcément au goût de tous à la maison !! (Du coup, j’ai laissé les cartons de Free Jazz de côté : ils attendront que... tout le monde dorme !!)
Je me serais bien teint les cheveux mais... j’ai ce point commun capillaire avec vous...!!!
Haaaa, un pogo. On danse ?
Merci m’sieur ! Tiens, je vais me mettre Néry, là maintenant ;)
Bravo et chapeau ! Sillonnez bien !

Bravo ! quel plaisir de voir des vrais passionnés comme toi
Felicitations

Excellente rencontre par le biais de cette interview. Je pense que bon nombre de passionnés de musique et de disques se reconnaitront à travers toutes vos anecdotes bien sympathiques.
Il est vrai que London en 1979 ça valait le coup ! en quantité de Vinyls, Gigs, Clubs, Markets, Fashion Designers, des talents à gogo et une effervescence palpable !...
merci à tous. C'est vrai que je suis passionné, trop peut-être, même !!! :)
Sashamさんの記事を興味深く読ませて頂きました。60年代と言えば私も7インチレコードしか買えない時代で、フランスやイタリアの歌手に夢中になっていました。世界中で豊かな音楽人生を送って来られた方々がたくさんおられることをあらためて知ることが出来てとても嬉しく思っています。CDandLPのスタッフの皆さんには売り手の皆さんとのお取り引きだけではなくブログでもしあわせな気分にさせて頂いています。

いつも本当にありがとう!

 
 
 
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